La jalousie : un enfer partagé !

Il sera question ici de la jalousie dite "maladive" qui devient pensée obsédante, envahissante. Bien sûr tout est une question de ressentis, de limites que l'on se donne à soi et que l'on pose à l'autre. C'est à chacun de définir ce qu'il peut supporter ou pas.
Il faut considérer alors de quelle façon cette problématique influe sur votre quotidien, quelle souffrance et état d'anxiété, elle engendre, si elle réduit votre champ d'action et de pensée, quels sont ses répercussions dans les autres domaines de votre vie ?

Je parle ici de la jalousie qui entraîne des comportements destructeurs de la relation. Celle qui insuffle le doute, le manque de respect de l'autre, l'isolement progressif, l'enfermement...

Les symptômes

 La vérification : agenda, poche de vêtements, téléphone notamment portable, sentir sur le corps du partenaire ou sur ses vêtement une odeur ou des traces étrangères, accompagner ou venir chercher, surveiller, etc.
Le questionnement : insinuations, tester l'autre en prêchant le faux pour avoir le vrai, scènes, disputes plus ou moins violentes, questionnement de l'entourage etc.
L'inhibition : attendre et tourner en rond en cas d'absence, être incapable de faire quoi que ce soit en l'absence de l'autre etc.
Les ruminations : s'il essaye de contrôler au maximum le conjoint, le jaloux donne libre cours à son imaginaire, à ses fantasmes. le moindre indice, le moindre mot même la moindre justification de son partenaire le confortera dans son système de pensée et l'assurance qu'il risque d'être trahi.

Le jaloux est jaloux : des amis de même sexe ou du sexe opposé, de l'environnement professionnel, d'un inconnu dans la rue ou ailleurs, de toute activité, de ses propres enfants etc.Quelques soient les stratégie employées, cela aboutit à l'enfermement du conjoint suspect, réduit son champ de liberté, d'une liberté suspectée être l'occasion de « x » tentations.

Augmenter le contrôle pour diminuer l'angoisse de l'abandon, du rejet tant redoutés. Le conjoint lui, contrôle également par l'évitement de tout ce qui pourrait dégénérer en crise de jalousie. Et lorsqu'il étouffe, lorsqu'il craque, il se permet de sortir avec des amis hors de la présence du partenaire jaloux.

Il ne peut s'empêcher cependant de culpabiliser ou d'être angoissé quant à son retour à la maison.Il se rend compte que quoi qu'il fasse, rien en saurait rassurer totalement son conjoint en souffrance. Il se sent investi d'une mission bien au dessus de ses forces vitales, de son énergie, de son amour. La tâche est trop lourde. Il est étouffé, enfermé, dévalorisé voire sali dans son estime et son respect de lui.

Une mauvaise gestion de la problématique de part et d'autre
Le jaloux s'il mettait la même énergie à s'interroger et à se remettre en question sur sa souffrance, demanderait de l'aide et trouverait certainement des réponses. Le problème est qu'il en est rarement conscient et qu'il peut se dire que lui va très bien et que ce sont les autres qui sont trop laxistes ou naïfs.Le partenaire s'il ne rentrait pas dans le jeu du jaloux en s'empêchant d'être et de faire, ne deviendrait pas complice et ne porterait pas un problème qui ne lui appartient pas. En effet, bien souvent ses comportements et attitudes n'ont rien de provocants.

Si tu n'as rien à te reprocher...dis-moi, montre-moi, explique-moi !
L'argument du jaloux est cette fameuse petite phrase qui vient tuer dans l'œuf toute revendication légitime à avoir un champ d'espace et d'oxygène vital en dehors de proches intimes et de quiconque.
Des instants pour soi et rien que pour soi où l'on peut se retrouver, se recentrer, goûter et enrichir les différentes dimensions de soi. De n'être pas cantonné à un seul rôle, de s'ouvrir à d'autres centres d'intérêts, de continuer à se découvrir soi.
Cela le jaloux ne peut l'entendre et l'accepter. L'autre est son objet d'amour sans qui il ne pourrait vivre, auquel il s'attache faisant aussi de son conjoint un prisonnier.
Il y a beaucoup d'angoisses et de souffrances derrière cela. Si seulement il pouvait s'en rendre compte et quand il le fait, il ne sait pas comment faire autrement. Il souffre d'autant.

La raison de la jalousie ?
Quelle que soit la raison (souvent inconsciente) du développement de la jalousie, ce qu'elle cache ce sont des besoins non satisfaits. Ces besoins viennent d'évènements particuliers et peuvent être très anciens, liés à l'enfance d'un individu. Ils peuvent être aussi réactivés au cours d'évènements ponctuels traumatisants. Il y a de toute façon un trou affectif, un manque profond, une souffrance certaine.Ces besoins au lieu d'être explorés sont tenus hors du champ de conscience. Par contre ils s'expriment par le comportement et les pensées, images mentales, sentiments et émotions liés à ce comportement. La jalousie peut être l'occasion de mettre en lumière ces besoins.

Que faire ?

Chaque situation est unique, je vous recommande donc de l'exposer à un thérapeute qui tiendra compte des spécificités de votre couple et de votre relation. Cependant il existe des fils conducteurs communs.

Il appartient alors au conjoint du jaloux de refuser de rentrer dans sa spirale et de lui exprimer ce qu'il vit de cette situation. Arrêter de vous plier aux exigences tout en nouant ou en continuant parallèlement à dialoguer autant que possible.
En osant montrer vos sentiments, vos larmes lorsqu’elles montent s'il le faut, à ne pas tricher en cachant tout ce que cela fait naître en vous. L'amener à considérer qu'il y a une problématique et que vous en souffrez. Evitez l'agression verbale autant que possible, restez calme mais ferme sur votre position une fois que vous l'aurez définie.

Dans une relation nous ne sommes pas responsables à 100% de cette relation. Nous avons notre part et l'autre à la sienne. Chacun doit prendre sa part de responsabilité. Il convient alors de vous interroger sur ce que vous portez à la place de l'autre. Rentrer dans le jeu de l’autre c’est aussi porter à sa place et ne pas l'aider à sortir de son enfermement.

Vous avez aussi des besoins. Quels sont-ils ? Sont-ils mis entre parenthèses et pour combien de temps, jusqu'à quelles conséquences ? Si vous vous sentez coupable, examinez en conscience ce qui vous appartient, ce qui est de votre responsabilité et ce qui vous est insufflé au quotidien, ce qui vous vient de l'autre.

Il appartient à la personne jalouse de prendre conscience qu'elle s'enferme elle-même dans une prison au nom d'une forme d'amour. En s'acharnant à vouloir contrôler l'autre qui n'est à chaque fois qu'un exutoire momentané à votre angoisse, vous vous maltraitez vous-même.

Vous ne tenez pas compte des messages que vous envoie votre symptôme : la jalousie. Que vous dit-elle de vous, de vos besoins ? Il serait plus souhaitable de rechercher les motifs qui vous y conduisent, d'être attentif à votre mode de pensée et à vos sentiments. Nier ou refuser des pensées et des sentiments en soi, n'a jamis cessé de les faire exsiter. Une chose est sûre, vous confronter ainsi à vous-même demande du courage et ce n'est pas facile, loin de là !

L’humain a tendance naturellement à éviter toute source de souffrance, surtout lorsqu’il l'a déjà connue. Cependant dans cette démarche vous pouvez être soutenu(e) par un psychothérapeute. Le seul problème est qu'avant cela, il vous faut conscience d'en avoir besoin.

La jalousie comme bien d'autres problématiques, se nourrit d'un manque de réel dialogue, d'une réelle communication où chacun prend sa part de responsabilité, sa place, son individualité. Cela demande de parler avec son coeur, d'oser se montrer tel qu'on est, d'affronter ses manques, ses peurs, de se sentir vulnérable.

Chacun exprime avec ce qu’il est, dans le respect de ce qu'il est, ce qu’il ressent d’une situation, ce qu'il espère et souhaiterait. Si vous choisissez de regarder en face le problème avec tout l'amour qu'il vous reste et de vous faire aider s'il le faut, la jalousie peut alors redynamiser et renforcer votre couple par son dépassement…Avant qu’il ne soit trop tard !

Car bien souvent il arrive au jaloux ce qu’il s’acharne à éviter, c’est d’être finalement abandonné ou trompé. Il se renforce ainsi lui-même dans son système de croyance qui lui dit que l’amour est dangereux et qu’il ne peut faire confiance à personne. C’est une spirale négative et destructrice dont vous pouvez sortir.   

 

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