La thérapie cognitive-comportementale
Elle s'intéresse directement au symptôme. Elle est fondée sur l'apprentissage de nouveaux comportements et modes de pensée plus adéquats.
Plutôt que de chercher le "sens" d'un comportement ou d'un symptôme, le thérapeute va étudier les "réponses apprises" c'est-à-dire ce qu'une personne met en place face à une situation donnée.
Il est tenu compte également de la cognition. L'apport de la psychologie cognitive fait que l'on prend actuellement de plus en plus en compte des idées et des sentiments du patient, de son univers intérieur.
Elle n'est pas pertinente en cas de questionnement existentiel, dans une recherche de connaissance de soi, ces demandes étant trop larges et floues. Elle peut aider en revanche ceux qui veulent agir sur un symptôme précis qu'ils peuvent isoler et décrire.
Ella peut agir sur : les phobies, les obsessions, l'anxiété, la boulimie, les problèmes sexuels, les problèmes relationnels professionnels ou privés, le manque d'estime de soi ou une mauvaise image de soi...
Elle s'interroge sur : qu'est-ce qui motive la demande la personne ? Comment se traduit le symptôme ? De quand date t-il, dans quelles circonstances et les facteurs qui le modifient ? Quelles sont les réactions corporelles liées à la situation angoissante ? Quelles en sont les conséquences familiales, sociales, professionnelles ? Comment réagit l'entourage, la famille ?
A partir de toutes ces réponses va pouvoir s'élaborer un stratégie thérapeutique déterminée.
Les principes
L'attitude du thérapeute
La relation thérapeute/client est active et interactive. Le thérapeute questionne, dialogue, propose, soutien et encourage.
La thérapie cognitive-comportementale a bousculé plus d’un principe en matière de psychothérapie, notamment celle de la neutralité du thérapeute. Ici, elle est réactualisée non par esprit d'opposition ou de provocation, mais par les mises à jour ou les découvertes de dernières décennies sur le fontionnement de l'être humain.
Nous savons aujourd'hui qu'il est impossible de ne pas communiquer puisque le langage est : verbal et non verbal. Et que le non verbal représente la partie la plus importante de notre communication.
Même quand on ne dit rien, on dit quelque chose ! Alors dans ce cas pourquoi le thérapeute ne dirait pas quelque chose pour créer un contexte de changement?
La désensibilisation systématique
Le thérapeute apprend au patient une méthode de relaxation. En état de relaxation le patient peut raconter les situations qui lui sont pénibles et apprend progressivement à réduire son anxiété.
L'exposition progressive graduée
Le thérapeute peut accompagner physiquement son patient dans la situation réelle.
Après une préparation rigoureuse, le patient peut être exposé à une situation d'angoisse : on parle alors d'immersion ou d'exposition prolongée. La présence rassurante et le soutien du thérapeute sont ici bien sûr indispensables !
Le jeu de rôle
Le patient joue son comportement tel qu'il serait dans la vie réelle, le thérapeute jouant le personnage opposé.
La cognition signifie l'ensemble des sentiments, des émotions, des pensées, des images mentales que notre esprit fabrique lorsqu'un événement se produit ou va se produire.
A la suite d'un événement traumatisant, un individu est en proie à de véritables monologues intérieurs, à une rumination, à un flot continu de pensées qui donne une coloration émotionnelle à la réalité : tristesse, anxiété ou colère.
Ce monologue intérieur est devenu un véritable schéma mental, une image qui génère une émotion négative. Ces schémas sont stockés dans la mémoire. Ils sont activés automatiquement lorsqu'un événement équivalent va se présenter : par exemple lorsque le sujet doit affronter une séparation banale dans sa vie quotidienne.
Il se produit un véritable empiètement du passé dans le présent. Le sujet anticipe alors négativement ce qui va se passer, c'est-à-dire se met inconsciemment en situation d'angoisse et d'échec.
Il y a là un écart majeur entre la perception de la réalité et la réalité elle-même.
La thérapie va aider à comprendre comment ces pensées déclenchent et maintiennent les émotions, les comportements dont on souffre et comment on peut les modifier.
Les points forts et les points faibles de la méthode
Il existe de bons arguments en faveur de l'efficacité des interventions cognitivo-comportementales sur l'anxiété, sur les phobies et sur les troubles compulsifs et obsessionnels ; mais de façon générale, l'ensemble des méthodes psychothérapiques ou les médicaments peuvent apporter des améliorations similaires.
Autant dire que l'ensemble des méthodes doit à présent être perçu dans une complémentarité et non dans une opposition : le traitement ponctuel d'une phobie par un comportementaliste peut accompagner une psychothérapie analytique, un médicament anti-dépresseur peut compléter une approche cognitive.
L'alliance avec le thérapeute est indispensable et la confiance constitue à coup sûr un levier important de la guérison ; il s'agit d'une relation thérapeutique que l'on compare souvent à la collaboration de deux savants qui élaborent des hypothèses en commun.
Dans ce cadre, plus de deux tiers des patients souffrant d'anxiété ou de dépression ont pu voir leurs troubles s'atténuer de façon appréciable.